Une réforme profonde qui remet l'enseignement au centre des préoccupations du pays est un choix de la société.
Pour cela, il s'agit de mettre en œuvre une politique générale de l'Etat consistant à développer un enseignement de qualité effectivement adapté aux besoins du pays, à veiller à la cohérence et au bien-fondé des programmes d'enseignement et de recherche dans les activités pédagogiques et de recherche, à contribuer à la motivation et au dynamisme des enseignants. A date d'aujourd'hui, il semble que les réformettes de la réforme attendue n'ont pas encore atteint les objectifs escomptés. L'épicentre du problème est en dehors de l'aire de l'éducation : les programmes et la forme scolaires. La décision restant aux autorités de tutelle qui ont une tendance bien naturelle à fonctionner discipline par discipline, induit une absence de réflexion sur un découpage aussi immuable qu'arbitraire et la lenteur des remises en question pédagogiques dans certaines disciplines.
La palme d'or reviendrait sûrement à l'enseignement des langues vivantes sacrifié non seulement en raison du temps insuffisant qui lui est consacré mais également de la rigidité des méthodes et des objectifs. En effet, les systèmes éducatifs nationaux sont désormais sous influence internationale. Les grands organismes transnationaux telles la Banque Mondiale, l'Union européenne, pour ne citer que ces deux-là, s'intéressent beaucoup à l'éducation et produisent incitations, textes et référentiels mais surtout indicateurs et données comparatives qui interpellent les situations nationales. Aussi, réformer l'enseignement, c'est d'abord impulser une écoute, une concertation, un calendrier et surtout une méthode. Laquelle méthode, le fil conducteur du processus de réforme, impose un dialogue avec tous les acteurs et ce, à toutes les étapes. Qu'en est-il en réalité ?
A-t-on pris le temps pour établir un véritable dialogue et partager le diagnostic, l'état des lieux ? Ce n'est qu'à partir de constats, de diagnostic partagé, qu'un ensemble de propositions, soumis à discussion, permettra qu'une décision soit prise. Des décisions doivent être prises pour former.
Et franchir cette étape, ce n'est pas un choix idéologique qui devra procéder d'une volonté aveugle de briser ce qui marche. Ce sera plutôt une décision réfléchie et pragmatique, une décision résolue, inspirée par la nécessité de donner à l'enseignement la possibilité de prolonger les réussites. Il ne s'agirait pas de remplacer une voie d'excellence par une autre mais de diversifier les voies de la réussite. L'excellence ne décrétant pas, elle se construit à travers des parcours cohérents qui offrent de vrais débouchés, une insertion professionnelle réussie.
En tout état cause, l'on retient que s'inscrivant dans une initiative globale de modernisation de la fonction publique et de l'administration, le système éducatif est au cœur des processus de réformes. Pour preuve, la promulgation de la Charte d'éducation et de formation en l'an 1999 a permis aux instances éducatives de se doter d'un texte référentiel d'action et partant a confirmé la volonté politique de s'engager dans la voie d'une révision en profondeur du système éducatif.
Et conscients que les carences de l'encadrement éducatif et du suivi administratif constituent des obstacles majeurs à la réussite des objectifs de la politique éducative, les responsables ont envisagé la mise en place d'un nouveau mode d'encadrement. Les résultats ? Chaque fin d'année scolaire révèle son lot de dysfonctionnements pédagogiques. En règle générale, l'organisation tout comme le fonctionnement de la classe surpeuplée n'ont guère bougé malgré les transformations apportées au système éducatif. Il s'ensuit également que malgré l'incontestable développement du système éducatif, se manifeste encore un décalage croissant entre les attentes sociales et les réponses apportées par l'école. En effet, le secteur éducatif national demeure l'objet de nombreuses critiques. Ses détracteurs l'ont d'ailleurs, qualifié de système démodé, incapable de répondre aux exigences des réalités modernes. Cela est d'autant plus vrai que ces dernières décennies, le secteur éducatif a montré des signes d'inadéquation préoccupants.
Des problèmes organisationnels et fonctionnels
Le corps d'inspection bénéficie d'une place privilégiée tant au sein du système éducatif qu'au sein de la communauté éducative. En effet, la fonction d'inspecteur jouit de beaucoup de prestige dans la mesure où elle représente la culmination de la carrière professionnelle du fonctionnaire de l'éducation. Autrement dit, d'un point de vue hiérarchique, la perception de cette profession par les autres corps du secteur est assez positive. Toutefois, il s'avère que malgré les efforts consentis pour adapter l'inspection aux spécificités locales, un certain nombre de problèmes subsistent. Ils sont à la fois organisationnels et fonctionnels.
Source « Le Matin »






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