La quantité ne fera jamais la réforme si l'école rebute ses élèves. Cette année s'annonce encore charnière.
La rentrée des classes, prévue au 14 de ce mois, est spéciale à plus d'un égard. D'abord, tout le monde attend un premier bilan du programme d'urgence de l'enseignement 2009-2012. Et partant, l'on espère toucher quelques résultats dès cette rentrée. Quatre jours après l'annonce de celle-ci, les chiffres, nombre d'inscrits dans les différents niveaux, les moyens mis en place, la déclinaison des curricula, ne sont pas encore disponibles. Selon les responsables du ministère de l'Education nationale, ce retard est dû au fait que tous ces éléments doivent faire l'objet d'une présentation officielle devant le prochain conseil de gouvernement, prévu mercredi prochain. Par la même occasion, il est fort probable que le ministre, Ahmed Akhchichine, fasse justement un exposé devant les membres du gouvernement sur les premiers acquis ou encore les limites du plan d'urgence.
Rappelons que cette sortie, tant attendue, devait avoir lieu déjà en juillet dernier, mais le ministère a préféré la reporter pour manque d'éléments. Certes, des sous-bilans ont été communiqués par plusieurs académies régionales, mais ils n'étaient, vraisemblablement, pas suffisants pour avoir une vision claire. Par ailleurs, ces mêmes copies régionales manquaient souvent de chiffres ou de réalisations concrètes. En tout cas, il va falloir attendre encore quelques jours pour avoir le package et de la rentrée et du bilan du programme de sauvetage.
Ce dernier devant être décliné et mis en œuvre avant la fin de mandat de l'actuel gouvernement. A plus forte raison que l'enseignement représente le talon d'Achille de l'actuelle majorité à telle enseigne que le Premier ministre n'a pas caché sa colère du peu de résultats que l'on en tire. En tout état de cause, le Maroc fait des résultats sur le volet quantitatif, mais par manque de qualité du système éducatif, l'abandon devient un fléau difficile à combattre. On aura beau s'attendre à ce que cette rentrée enregistre un nombre plus important d'inscrits dans le primaire, le collégial et le collégial qualifiant, autour de 6,5 millions d'élèves, soit plus que les 6,23 millions de la saison précédente, le souci de la déperdition restera le même. Aujourd'hui, le plan d'urgence vise à ce que l'enseignement soit obligatoire jusqu'à 15 ans, mais l'on perd de vue toutes les conditions nécessaires à un tel objectif.
Comment rendre nos classes attrayantes et nos professeurs plus convaincants ? Quelle stratégie pour les familles rurales qui peinent à joindre les deux bouts et pour lesquelles un enfant à l'école est un bras en moins dans le champ ou dans la cuisine ? Le débat sur une école plus attachante doit justement prendre en compte des paramètres pas forcément budgétivores. Car construire des écoles se réduirait à ériger des murs qui encerclent l'esprit des générations de demain, si en leur sein l'envie d'apprendre fait défaut. Dès 2000, la Commission spéciale de l'enseignement et de la formation a jeté les jalons d'une meilleure école. Ses recommandations et observations ont servi à mettre en place une Charte nationale qui malheureusement n'a pas encore donné ses fruits. Le programme d'urgence tente ainsi à rattraper le temps perdu, mais en se précipitant le risque de rater le coche reste de mise.
Source"LeMatin".






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