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Les parents montent au créneau : Une vingtaine de parents d'élèves méritants admis dans les classes d'excellence dénoncent les «dérapages» dans ce projet.


Dans le cadre des efforts visant la promotion de l'excellence dans le secteur de l'enseignement, le ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche Scientifique a décidé, en mai 2010, de l'installation de «lycées de l'excellence» dans trois villes marocaines: Rabat, Nador et Guelmim.

Seuls les élèves qui ont décroché les meilleures notes à l'examen normalisé régional (au titre de la 3e année du secondaire collégial), et ayant passé avec succès un test d'évaluation dans leurs branches respectives, y étaient admis. A Nador et à Guelmim, l'expérience a été conduite avec succès, et les classes de l'excellence ont été dûment installées à compter de cette rentrée scolaire. Mais à Rabat, le projet a «dérapé», à en croire nombre de parents d'élèves concernés.

Ceux-ci se plaignent, au premier chef, du sureffectif des élèves dans les quatre classes mises en place au lycée Moulay Youssef (une classe pour le tronc commun littéraire, une autre pour le tronc commun technologique, et deux classes destinées au tronc commun scientifique). Au lieu des 24 élèves prévus dans chaque classe, on est maintenant à 34. Selon les parents, ce surpeuplement ne manquera pas de nuire à la qualité d'apprentissage de leurs enfants. Pour Karima et sa fille titulaire d'une mention très bien et admise dans les classes de l'excellence, c'est la grande désillusion. «Au départ, on nous a promis que ces classes seront l'apanage des élèves les plus brillants de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer.

Il n'en est rien dans les faits. Aujourd'hui, ma fille poursuit ses études dans une classe ordinaire du lycée Moulay Youssef, qui n'a plus de l'excellence que le nom », clame-t-elle, dépitée. Les initiateurs des classes de l'excellence, ont-ils vendu des chimères aux élèves méritants et à leurs parents ? Une source de l'Académie régionale d'éducation et de formation de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer s'en défend formellement et avance une explication plausible de l'état de choses actuel. « Après l'organisation des tests d'évaluation destinés à passer au crible les candidats à intégrer les classes d'excellence relevant du lycée Moulay Youssef, on n'a retenu que 48 élèves. Comme il est impossible de faire fonctionner quatre classes avec ce nombre réduit d'élèves, on a fait appel à d'autres candidats méritants inscrits sur les listes d'attente, ce qui élevé le nombre des élèves admis à 240. L'objectif central de l'Académie est, justement, d'élargir la sphère des élèves scolarisés au lycée Moulay Youssef qui compte parmi les établissements les plus prestigieux du Royaume. D'où le nombre de 34 élèves par classe, au lieu de 24», explique notre source.

Ces propos sont corroborés par Belyazid Abderrahmane, délégué provincial du ministère de l'Education Nationale à Rabat. Plus encore, il gage que le sureffectif des élèves dans les classes n'impactera aucunement la qualité de l'enseignement. «L'approche pédagogique ne subira aucun changement. Les élèves recevront la même formation de bonne qualité initialement prévue », promet-il. Mais l'effectif des élèves et la qualité d'enseignement ne sont pas les seules pommes de discorde entre l'Académie et les parents et tuteurs d'élèves. La question de l'internat continue à faire la polémique.

En effet, la note du ministère de l'Education Nationale diffusée en date du 26 mai 2010 donne le droit de pension au lycée Moulay Youssef aux élèves venus d'autres villes, dans le souci de leur assurer de bonnes conditions de scolarité. Par contre, les élèves résidant à Rabat ne sont admis à l'internat que « si la capacité d'accueil le permet ». «Or, comme on a reçu un nombre d'élèves plus important que prévu, dont une grande partie vient de villes lointaines, il n'y a plus de place à l'internat pour les élèves résidant à Rabat», argue M. Belyazid.

Cet argument sonne faux dans les oreilles des parents d'élèves qui, bien qu'installés à proximité du lycée, réclament le droit pour leurs enfants à l'internat, affirmant qu'ils ont reçu des promesses dans ce sens.
A l'heure actuelle, tous les élèves admis dans les classes de l'excellence ont rejoint les bancs de l'école, «y compris ceux qui s'estiment lésés », insiste le délégué provincial.
En parallèle, une vingtaine de parents tiennent à exprimer leur mécontentement de ce qu'ils considèrent comme «dérapages» du projet des classes de l'excellence, en menant chaque jour des sits-in de protestation devant le lycée Moulay Youssef.

Procédure d'admission :
Les élèves admis dans les classes de l'excellence sont vraiment triés sur le volet. Sont éligibles à ces classes les élèves inscrits en 3e année de l'enseignement secondaire collégial public ou privé au titre de l'année scolaire 2009-2010, titulaires d'une note équivalant ou supérieure à 16 à l'examen normalisé régional, et n'ayant jamais redoublé une classe durant leur cursus scolaire. Après la sélection minutieuse des élèves qui remplissent ces critères, il reste un cap essentiel à franchir, à savoir passer le test d'évaluation dans les matières de spécialité qui va déterminer les élèves admis définitivement dans les classes de l'excellence. Les résultats finaux sont calculés à la fois sur la base des résultats du test (50%) et de la note de l'examen normalisé régional (50%). Par la suite, on a une liste est établie, contenant les noms des élèves admis de manière définitive, plus une autre liste d'attente. Les inscriptions se déroulent à mi-juillet dans les délégations provinciales relevant des villes où résident les candidats.

 

Source"LeMatin".

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