La plupart des examens terminés, arrivent l'été, la plage et… l'attente interminable des résultats. Passer des examens est très difficile. Source d'angoisses, les épreuves mettent parfois à mal les rapports familiaux. En cas d'échec, l'étudiant, fatigué, doit gérer une pression supplémentaire. En effet, être convoqué au rattrapage signifie pour l'étudiant replonger dans ses fiches, ressasser les difficultés.
Interrogés lors des épreuves cette semaine, les lycéens confient tous en avoir une peur bleue. D'abord, parce que rien ne garantit la réussite finale. Mais aussi parce que, selon eux, l'examen est bien plus difficile. Parmi ceux qui y sont convoqués, seuls 20% décrochent leur diplôme grâce à la deuxième session. En 2009, le taux de réussite entre la première et la deuxième session était passé de 34,9 à 41,5%. Soufiane, bachelier depuis un an, accompagnait des camarades aux épreuves du lycée Chawki mardi matin. Il a passé le bac deux fois, et l'a eu la deuxième grâce au rattrapage. « Les exercices sont différents. Et il faut recommencer, attendre de nouveau. Mentalement c'est très dur». La période, du 5 au 7 juillet, si elle laisse 15 jours de préparation, n'aide pas non plus.
« C'est 20 jours en moins pendant l'été ! », se désole Zouhair, qui tente l'épreuve pour la première fois. L'étudiant se sent aussi beaucoup plus isolé que la première fois. Oumaïma, étudiante en biologie était venue attendre sa cousine au lycée Chawki. « Le rattrapage est plus difficile, surtout si les copains ont réussi. » Et « les enseignants n'aident pas à passer le rattrapage », selon Soufiane. Il arrive aussi que des élèves ne comprennent pas leurs notes, et ne se sentent pas armés pour passer l'épreuve une nouvelle fois. Dans certains cas le désaccord va jusqu'au litige entre l'élève et le jury, ce qui est loin de créer des conditions optimales pour une deuxième chance.
A l'université, les choses sont différentes. C'est un lieu où les étudiants se sentent un peu livrés à eux-mêmes.
Selon une étude de l'Institut de formation aux carrières de santé de Rabat (IFCSR) conclue en 2006 et menée auprès de 147 étudiants techniciens de laboratoire, les perceptions sont contrastées quant à l'évaluation. Plus les étudiants avancent dans leur parcours de licence, plus ils déprécient les conditions de passage de l'examen de rattrapage. A la question «Le temps entre les deux sessions de l'examen final vous semble-t-il suffisant ?», les étudiants répondent oui à 53% en première année, et à 81% non en troisième année. Ils expliquent qu'une préparation intellectuelle et psychologique est nécessaire. Par ailleurs, 20 à 40% d'étudiants estiment être victimes de discriminations dans les contrôles continus ou terminaux. Il faut néanmoins savoir que depuis la réforme universitaire engagée en 2003, le taux de réussite des étudiants s'est nettement amélioré. Il est passé de 10% à près de 40% en licence. Saaïd Amzazi, vice-doyen de la faculté des sciences de Rabat, le confirme aussi. 30% des étudiants valident leur semestre la première fois. « On peut aller jusqu'à 45% grâce au rattrapage. »
Ce qui en fait donc un moment déterminant. Les modalités sont bien meilleures également depuis que le système LMD (Licence-Master-Doctorat) existe. Avant, l'étudiant ne gardait pas le bénéfice de ses premières notes après avoir passé le rattrapage. Ce n'est plus le cas, « aujourd'hui le rattrapage est une chance pour s'améliorer. » La faculté propose par ailleurs de recommencer le contrôle final dans certaines matières, même si l'étudiant a validé le semestre. Concernant le temps restreint entre les deux sessions -5 jours entre les résultats et le rattrapage-, il argue que «l'étudiant est encore concentré et dans la logique de l'examen».
Quand passe-t-on le rattrapage ?
Baccalauréat Depuis 2003, le Programme d'urgence, engagé par l'Education nationale, vise à améliorer la valeur du diplôme et les conditions de passage des examens. Depuis cette date, l'examen est réparti en deux ans. La première année, le lycéen est soumis à un examen régional, la deuxième à un examen national. La valeur de la note est répartie à 50%. Il faut avoir une moyenne de 7/20 à l'examen de deuxième année pour être convoqué au rattrapage. Le programme d'urgence ambitionne également de lutter contre la fraude. En effet, à la veille des examens de l'année en cours, le ministère a publié un guide du candidat, qui compte plusieurs conseils et rappelant à l'ordre contre la triche.
Université
Une moyenne de 5/20 est requise pour passer le rattrapage. Depuis le système LMD mis en place en 2006, l'obtention du diplôme se fait par la capitalisation de crédits. Il faut valider un certain nombre de modules sur un semestre, la licence étant répartie en six semestres et le master en quatre. Dans certaines universités, on peut compenser une note défaillante par les autres du semestre.
Source " Le Matin ".






Toutes les Catégories



