Offre de formation qui se professionnalise et se diversifie, recherche scientifique qui s'intensifie et s'internationalise… Les objectifs tracés par le plan d'urgence sont sur la voie de réalisation.
Le 6 octobre 2009, une date historique dans le secteur de l'enseignement supérieur marocain. Elle marque, en effet, la signature devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Agadir de la première génération des contrats de développement de l'université, simultanément à l'entrée en vigueur du programme d'urgence de l'Education nationale 2009-2010. « Cette journée, nous l'avons voulue une fête annuelle qui célèbre l'université marocaine et l'ensemble de ses acteurs, managers, enseignants-chercheurs, cadres administratifs et étudiants », indique le ministre Ahmed Akhchichen, s'exprimant à l'occasion de la première édition de la fête de l'université qui s'est déroulée mercredi 6 octobre à l'Ecole Mohammadia des Ingénieurs à Rabat, en présence d'éminentes personnalités du monde de l'université et de l'entreprise.
Un moment propice de présenter les grands traits du bilan d'étape d'une année dans la vie du programme d'urgence 2009-2012. Contexte oblige, le bilan passé en revue par Abdelhafid Debbagh, secrétaire général du département de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, a été axé sur les domaines de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Si l'on considère l'aspect qualitatif, il semble que les objectifs tracés sont sur la voie de réalisation. L'effectif global des étudiants a été l'année précédente de l'ordre de 370.00, contre 336.000 en 2007-2008, soit une croissance de 9%. Le plus important progrès a été enregistré au niveau des nouveaux inscrits dont l'effectif a augmenté de 18% sur la même période, soit un taux de réalisation de 104% des engagements contractuels des universités pour la rentrée 2009-2010. Cette augmentation a atteint 82% dans les établissements à accès régulé, notamment les facultés de médecine et les grandes écoles d'ingénieurs.
La même tendance haussière est constatée par rapport au nombre de diplômés de l'université qui a bondi de 15%. A peu près, l'effectif des diplômés des filières scientifiques a progressé à la même vitesse que celui des filières des lettres et sciences humaines, des sciences juridiques, économiques et sociales (respectivement 22% et 23%). Par ailleurs, l'effectif des diplômés des sciences de l'ingénieur a enregistré la plus forte progression, de l'ordre de 74%. S'agissant de l'offre de formation, la tendance est actuellement à la professionnalisation. Dans ce sens, beaucoup de chemin a été parcouru, faisant qu'actuellement, 55% de la formation universitaire est professionnalisante. Ainsi, l'effectif des nouveaux inscrits en licence professionnelle a progressé de 78%, soit un taux de réalisation de 88% des engagements contractuels des universités pour l'année universitaire 2009-2010. La formation a gagné donc en professionnalisation, mais aussi en diversité, avec le lancement durant la même année de 1.660 filières, soit un accroissement de 47%.
Outre la formation académique, la recherche scientifique est placée au centre de l'attention, du fait de sa relation directe avec le monde socio-économique. Pour la promouvoir, le ministère a lancé 50 centres d'études doctorales en 2010 et a accrédité 197 formations doctorales et 380 Master Recherche. La production scientifique, quant à elle, est en train de s'intensifier et de s'internationaliser, soutient Abdelhafid Debbagh. En atteste l'augmentation de la moitié du nombre de publications dans les revues internationales indexées entre 2007-2008 et 2009-2010. En partie, cette dynamique est due à la politique d'émulation de l'excellence adoptée par le ministère de l'Education nationale depuis quelques années. L'on apprend ainsi que 70% des étudiants doctorants et 50% des étudiants inscrits en Master ont reçu, au titre de la précédente année universitaire, des bourses d'excellence récompensant leurs contributions dans divers domaines de recherche scientifique. De même, 200 bourses d'excellence sont décernées annuellement aux étudiants méritants titulaires d'un Master ou d'un diplôme équivalent et inscrits en doctorat, d'une valeur de 2.300 dirhams annuels, valables pour trois ans.
Perspectives…
Après le bilan, les perspectives, telles que dressés par Abdelhafid Debbagh, secrétaire général du département de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres, celles-ci portent grosso modo sur l'adéquation de la formation aux besoins du marché de l'emploi, à l'amélioration des conditions sociales des étudiants, à travers surtout la généralisation de la couverture médicale et la promotion des activités culturelles et scolaires.
Un seul impératif pour réussir tous ces chantiers : opter pour une politique de partenariat pérenne et efficace avec les acteurs socio-économiques. Car, selon Ahmed Akhchichen, « on le comprend aisément : les enjeux débordent largement du périmètre de l'espace universitaire. Dans un environnement marqué par une concurrence effrénée entre les offres, l'université nationale ne saurait pleinement s'acquitter de ses engagements vis-à-vis des attentes de plus en plus complexes de la société, sans que des partenariats de nouvelle génération ne soient établis avec les autres composantes de la collectivité nationale ».
Source"LeMatin".






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